un attribut de l’autorité parentale ?

dimanche 23 mai 2004.

 

Les parents ont-ils en France du droit de corriger leur enfant, de lui donner des claques et des fessées ? La réponse est intéressante : la loi a priori dit non, elle condamne les violences, surtout si elles sont commises sur un enfant, mais elle ne dit pas vraiment non, en fait, et, du coup, la justice dit oui. En fait, elle dit plutôt oui, mais, et comment ça s’appelle, quand la loi dit quelque chose et la justice pas exactement la même chose ?

La jurisprudence, c’est la mémoire de la justice, l’ensemble des décisions rendues par l’ensemble des tribunaux français, soit à peu près 12 millions de décisions par an, si on compte les infractions au code de la route. Parmi ces 12 millions de décisions, certaines sont remarquables, révolutionnaires, étonnantes, intéressantes, on dit alors qu’elles font jurisprudence : elles vont être étudiées, elles vont inspirer les juges qui auront à rendre une décision dans une histoire semblable ou ressemblante. Plus le tribunal est important, plus la jurisprudence a de poids, un arrêt de la cour de cassation est par exemple plus respecté qu’une décision du tribunal d’instance de Saint-Germain en Laye. La jurisprudence adapte et interprète la loi, elle permet d’harmoniser les jugements, mais elle n’a pas la valeur de la loi, elle n’est qu’indicative.

Le droit de donner des claques et des fessées n’apparaît dans aucun code. Les parents ont envers leur enfant mineur des droit et des devoirs, c’est l’autorité parentale. L’article 371-2 du code civil dit qu’elle appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement. Elle doit, depuis le 4 mars 2002, s’exercer dans le respect dû à la personne de l’enfant, et sa finalité est désormais l’intérêt de l’enfant, c’était seulement la protection de l’enfant depuis la précédente refonte de l’autorité parentale, le 8 janvier 1993. Notons que l’article 371-2 précise que l’enfant doit être associé aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité, mais nous reparlerons bientôt de l’expression de l’enfant devant la justice, des avocats d’enfants et des administrateurs ad hoc.

Puisque les châtiments corporels, les claques et les fessées ne sont pas expressément autorisés, ils peuvent être qualifiés de violences légères : ils sont alors punis par l’article R 624-1 du code pénal d’une contravention de quatrième classe (les violences dites légères sont celles qui ne causent aucune interruption temporaire de travail). Le code pénal prévoit des peines de cinq à dix ans de prison et de fortes amendes pour celui qui commet des violences dites habituelles sur un mineur de moins de quinze ans (article 222-14 du code pénal) et des violences aggravées sur un mineur de moins de quinze ans (articles 222-11, 222-12 et 222-13 du code pénal). Pourquoi quinze ans ? parce que c’est dans le code pénal un âge charnière, le code pénal part du principe que l’enfant mineur de moins de quinze ans et plus vulnérable que l’enfant mineur de plus de quinze ans, lui-même plus vulnérable que l’adulte majeur, et à quinze ans, par exemple, on est sexuellement majeur, mais on en reparlera ...

L’article 43 du code criminel canadien, qui vise la protection des personnes exerçant l’autorité (instituteur, père, mère), autorise l’emploi de la force pour corriger un élève ou un enfant, et considère que la fessée ne viole pas les droits des enfants pourvu que la force employée ne dépasse pas la mesure raisonnable. La Grande-Bretagne a eu du mal à interdire les châtiments corporels à l’école, et se refuse à les interdire à la maison, en laissant aux parents la liberté d’appliquer la punition de leur choix, à condition que ce soit dans un cadre aimant et affectueux. Le 15 avril 2000, devant la résidence du Premier ministre, Tony Blair, des centaines d’enfants anglais ont manifesté en criant stop aux fessées ! et arrêtez les claques ! L’opinion publique britannique est pourtant toujours largement pour l’utilisation des claques et des fessées, un sondage réalisé en 1999 établit que 88 % des parents estiment devoir disposer du droit de frapper leurs enfants. En France, selon la Sofres, 54,5 % des parents disaient, en 1999, donner souvent des fessées à leurs enfants

Les claques et les fessées, les châtiments corporels, ne sont pas, en France, expressément interdits aux parents, comme en Suède depuis 1979 : 70 % des citoyens suédois étaient alors opposés à cette loi, vingt ans plus tard, ils ne sont plus que 10% à la critiquer. L’Allemagne aussi, en septembre 2000, s’est dotée d’une loi qui interdit les tapes, les gifles et les fessées, mais qui ne prévoit pas de sanction pour les parents qui ne la respectent pas, pour ne pas mettre un procureur dans les chambres des enfants, a expliqué le Ministre de la Famille de l’époque, Christine Bergmann. L’Autriche a fait la même chose en 1989, et l’Italie en 1996.

Un jugement du tribunal de police de Bordeaux du 18 mars 1981, qui a fait jurisprudence, indique que si les châtiments corporels ou même le traditionnel droit de correction ne correspondent plus à l’état de nos mœurs, les parents et les enseignants possèdent toujours, dans un but éducatif, un pouvoir disciplinaire pouvant éventuellement s’exercer sur de jeunes enfants sous forme de gifles ou de tapes inoffensives.

Le magistrat s’appuie sur l’article 327 de l’ancien code pénal (le nouveau est entré en vigueur le 1er mars 1994) : il n’y a ni crime ni délit lorsque l’homicide, les blessures et les coups étaient ordonnés par la loi et commandés par l’autorité légitime. Le magistrat bordelais auteur de la jurisprudence précitée indique qu’il convient d’assimiler la permission de la loi à la permission de la coutume.

Outre le fait que les enfants apprécieront que le droit de correction est reconnu autant aux enseignants qu’aux parents, il reste à définir le but éducatif, les jeunes enfants ainsi que les gifles et tapes inoffensives ! Ce sont pourtant les conditions, le mais du oui mais, imaginées ce jour-là par le magistrat de Bordeaux.

Par inoffensif, il est tentant de comprendre qui ne fait pas mal, mais il est probable que le magistrat ait utilisé ce mot dans son sens premier qui n’offense pas. Le magistrat citait dans son jugement plusieurs jurisprudences, dont un arrêt de la chambre criminelle de la cour de cassation du 4 décembre 1908, qui précisait que les instituteurs ont incontestablement par délégation de l’autorité paternelle, un droit de correction sur les enfants qui leur sont confiés ; mais, bien entendu, ce droit de correction, pour demeurer légitime, doit être limité aux mesures de coercition qu’exige la punition de l’acte d’indiscipline commis par l’enfant. Nul autre texte ne fait référence à la délégation à l’instituteur de l’autorité paternelle, et il n’est pas précisé ici si ce droit de correction peut ou non s’exercer sous forme de châtiments corporels. On lit dans le code civil de 1900, en note sous l’article 377, que suivant l’opinion générale, les parents peuvent, indépendamment du droit d’incarcération, infliger à leurs enfants, dans un but moral, des châtiments corporels, pourvu que ces châtiments n’excèdent pas les bornes de la modération.

Donc, aux yeux de la justice, celui qui est l’autorité légitime de l’enfant dispose bien du droit coutumier de correction, du droit de mettre des claques et des fessées, à condition que ce soit dans but éducatif, que l’enfant soit assez jeune et les baffes soient inoffensives. Les enfants d’aujourd’hui s’en sortent bien : le droit paternel d’incarcération pour correction supprimé en 1958 allait bien au-delà. Le père qui avait des sujets de mécontentement pouvait écrire au président du tribunal d’arrondissement pour exiger l’incarcération de son enfant, sans même devoir expliquer pourquoi. Jusqu’en 1935, le juge était obligé de s’exécuter. Ensuite, le juge a obtenu le droit de refuser l’ordre d’arrestation ou de réduire le temps d’incarcération. Au début du XX ème siècle, un millier d’ordonnances d’incarcération pour correction paternelle étaient rendues chaque année, et les mineurs étaient emprisonnés dans des prisons, des bagnes ou des colonies agricoles de bien triste réputation. L’ancien article 378 du code civil organisait ces arrestations paternelles : il n’y aura aucune écriture ni formalité judiciaire, si ce n’est l’ordre même d’arrestation, dans lequel les motifs n’en seront pas énoncés.













Étiquette Pour Jeux En Public
par laynie
(traduction par Lise avec nos remerciements)

Je fais partie de la communauté depuis 6 ans et j'ai eu l'opportunité de jouer et d'agir en tant que DM à différentes soirées privées et publiques. Je demeure toujours surprise de voir combien de gens ne savent toujours pas comment se comporter dans ces soirées. Et je ne parle pas seulement des nouveaux venus(es) dans la scène. Je parle également de gens expérimentés, autant Dominants(tes) que soumis(es). On pourrait croire qu'avant d'aller jouer, que ce soit en public ou en privé, quelqu'un prendrait le temps de s'informer sur le comportement à adopter en public. Puisque ce n'est pas le cas bien souvent, j'ai décidé de faire un peu de recherche et de compiler une liste de règles en matière de protocole en public.
Ne touchez pas aux gens, même lorsque vous croyez le faire d'une manière amicale (comme toucher le bras de quelqu'un lors d'une conversation) sans avoir auparavant demandé la permission de le faire. Dans certains milieux, serrer quelqu'un dans ses bras pour leur dire bonjour ou au revoir semble être la norme. Dans la plupart des cercles BDSM que je connais, serrer quelqu'un dans ses bras même de façon désinvolte sans avoir d'abord un accord verbal est considéré comme dépasser les bornes. Parce que quelqu'un se tient nu(e) tout prêt de vous ne vous donne pas le droit de caresser le derrière de cette personne - en fait, il n'est même pas correct de caresser le bras de cette personne! Assumez qu'il n'est pas correct de toucher quelqu'un sans demander auparavant.
Cependant, demander à quelqu'un si on peut le(la) serrer dans ses bras ou se donner la main est certainement acceptable et non pas considéré comme une offense de quelque façon que ce soit.
N'interférez pas dans des sessions en cours. N'envahissez pas une scène en regardant ou jouant de trop près. Donnez de l'espace pour permettre au TOP de bouger, de brandir son martinet, etc… Si le TOP vous demande de vous reculer, alors reculez. Si la pièce est trop bondée, alors partez et revenez quand la foule aura diminué.
Soyez silencieux quand il y a des sessions en cours ou rendez-vous dans un coin réservé au bavardage! Les commentaires que vous croyez murmurer à la personne à vos côtés sont souvent entendus par le TOP ou BOTTOM. Soyez poli, et ne parlez pas ou ne chuchotez pas. Votre remarque pourrait être celle qui ruine une merveilleuse scène pour quelqu'un.
Tenter de débuter une conversation avec le TOP ou le BOTTOM durant une scène est la plus commune et la plus étonnante erreur d'étiquette à une soirée de jeu. Cela devrait être clair mais juste au cas où ce ne le serait pas, je vais le dire haut et fort : N'adressez pas de commentaires ou de questions au TOP ou au BOTTOM durant leur session! De plus, n'essayez pas de commencer une conversation quand les partenaires se cajôlent après une session. Si le TOP s'éloigne pour se procurer un différent jouet ou si le couple est en train de se parler intimement après une scène, ce n'est pas le moment de s'avancer et de bavarder.
Ne touchez jamais ou ne vous approchez jamais du BOTTOM durant ou après une session. Après une session, laissez-leur une place sur le sofa s'ils veulent se blottir ensemble paisiblement. Donnez-leur le temps de redescendre, Si vous avez besoin de poser une petite question comme « Aimeriez-vous avoir la couverture qui est derrière moi? » : adressez votre question au TOP et non au BOTTOM et soyez aussi discret et aussi effacé que possible.
Ne vous joignez pas à des sessions même si elles vous semblent assez grivoises. Joignez seulement si le TOP vous fait clairement signe. En cas de doute, vérifiez avec le TOP. Ne faites pas d'avances à quelqu'un auquel (à laquelle) vous êtes sexuellement attiré sans aucune manière. Poursuivre, harceler ou tripoter l'objet de votre intérêt sexuel vous garantiera de ne plus jamais être invité(e) à aucune soirée et peut même vous faire flanquer dehors. La plupart des gens apprécient se faire complimenter au sujet de leurs scènes. Leur dire ce que vous avez aimez dans une session est habituellement bien reçu. Mais attendez qu'ils soient en train de se promener et socialiser! Demander des questions intéressantes est toujours une bonne façon de se faire des amis(ies). N'intervenez pas dans les sessions. Si quelque chose vous embête, trouvez l'hôte (hôtesse) ou un DM pour vérifier la scène, vous l'expliquer ou vous réassurer. Si une action doit être prise, l'hôte (l'hôtesse) ou le DM se chargera de transmettre cette information de façon appropriée au TOP. Si quelque chose est trop extrême pour vous, alors simplement quittez la pièce discrètement.
Ne touchez pas les jouets, martinets, etc… qui traînent autour sans trouver le propriétaire et le lui demander. Ne passer pas un couteau ou la roulette Wartenburg sur votre peau pour en tester l'acuité---le propriétaire peut avoir fait de grands efforts pour stériliser la lame pour une prochaine session et des lames aiguisées peuvent briser la peau sans pour autant laisser de marques ou causer des saignements.

Nettoyez les meubles et l'espace utilisés pour jouer dès que vous en avez terminé. Ramassez vos jouets pour que quelqu'un d'autre puisse utiliser cet espace de jeu. Essuyez les meubles utilisés pour jouer pour qu'ils ne soient pas moîtes pour les prochains joueurs et si des liquides se sont répandus accidentellement, nettoyez soigneusement : la plupart du temps, les hôtes fournissent le matériel de nettoyage approprié si vous ne les avez pas amenés.
Ne vous accaparez pas des meubles pour jouer pendant des heures pour votre propre session. Si les meubles ou l'espace de jeu sont rares, demandez à l'hôte(l'hôtesse) de vous donner un estimé du temps raisonnable d'utilisation.
Soyez tolérant pour les choses auxquelles vous ne vous attendiez pas. Même si cela vous fascine, essayez de ne pas regarder avec les yeux ronds de façon perceptible les choses que vous n'avez jamais vues auparavant. Regarder et apprendre, c'est bien. Si vous êtes choqué par la quantité de sang qui coule durant un jeu de sang ou si vous n'avez jamais imaginé voir le mamelon de quelqu'un être percé avec une aiguille, ou si n'importe quoi d'autre vous semble extrême, alors l'étonnement est probablement seulement le vôtre. Ressaisissez-vous, lisez quelques livres sur le BDSM. Vous pourriez même en retenir de bons points de protocole, comme comment se comporter envers une esclave en présence de son Maître, comment ne jamais traiter une esclave comme si elle (il) était à vous!
Personne d'autre que votre partenaire ne vous doit toute forme de respect autre que la courtoisie de chaque jour. Personne n'est requis d'aller vous chercher quelque chose à boire ou de se rendre à votre opinion dans une conversation. Et s'adresser à un(e) étranger(ère) avec qui vous bavardez en tant que « Maîtresse » ou « Monsieur » simplement parce que la personne paraît être un(e) Dominant(e) n'est pas bien considéré dans plusieurs milieux. Les gens de la communauté s'introduisent habituellement eux(elles)-mêmes par leurs propres noms ou surnoms.
Je suis certaine qu'il y a encore plusieurs autres règles d'étiquette. Je pense que celles-ci sont de base et devrait vous donner un bon départ.